La dominance chez le chien, c’est quoi ?

Comment l'expliquer ? Comment l'éviter ?

La notion de dominance chez le chien est l’objet d’un grand débat depuis des décennies. Tout d’abord entre les éducateurs se basant sur des méthodes coercitives traditionnelles et ceux qui prônent une approche plus positive. Les premiers visent à rétablir une hiérarchie sociale observée chez les ancêtres loups avec des résultats potentiellement traumatisants et des risques de morsure élevés. Les seconds tendent à créer une relation axée sur la collaboration. Même au sein du groupe des éducateurs positifs, le débat fait rage. C’est quoi la dominance chez le chien ? S’exprime-t-elle de façon systématique chez tous les chiens ? Est-ce qu’un chien est dominant avec tous ses congénères ? Nous allons tenter d’apporter quelques éclaircissements sur ce sujet très complexe.

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Définition et réalité sociale

Il n’existe pas de définition précise de la dominance chez le chien. De nombreuses études scientifiques menées ces dernières années ont prouvé que la vie sociale d’un chien n’est pas celle d’un loup. Leurs motivations ne sont pas identiques. Là où les loups organisent leur vie de groupe selon une hiérarchie définie pour le bien-être de tous, les chiens sont motivés par une protection de ressources qui est fortement encadrée par la présence humaine. Dans une certaine mesure, nous pouvons dire que la dominance chez le chien existe bel et bien. Cependant elle n’est pas un comportement inné et intégré à sa survie sociale quotidienne. Elle est le regroupement de divers comportements sociaux qui ont pour objectif de définir un rapport de force entre 2 ou plusieurs chien.

La question de la dynamique sociale

Nos compagnons n’ont pas pour objectif de maintenir la cohésion et la hiérarchie de leur groupe. Nos chiens ne vivent pas en meute au sens éthologique. Les études qui ont été faites autour de chiens errants pointent du doigt que ces formations sont aléatoires et uniquement motivées par un but commun. Souvent la subsistance. A travers l’intervention humaine et leur dépendance à nos ressources, nos chiens ne peuvent pas vivre une expérience de meute. Même s’ils vivent à plusieurs au cœur d’un foyer. Il peut y avoir une hiérarchie relative qui s’installe mais rarement au sens strict. C’est-à-dire un membre qui a la mainmise sur les 3 ressources principales : nourriture, reproduction et territoire.

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De plus, notre présence permanente dans les rapports entre congénères faussent la donne. Donc socialiser son chiot n’implique pas forcément qu’il ne sera pas dominant au sens où nous avons tendance à le comprendre. Votre chien peut très bien montrer des comportements connotés “dominant” avec un ou plusieurs chiens, et être plutôt soumis avec un ou plusieurs autres individus. Un chien “agressif” (panoplie complète : crocs découverts, crête sur le dos, grondements, queue haute) n’est pas toujours dominant. Ce comportement peut être initié par des émotions fortes qui le suggèrent : la peur, la frustration, l’excitation à haute dose par exemple. La socialisation avec des chiens différents - race, taille, codes canins acquis ou non, âge - représente donc un moyen très efficace d’éduquer son animal en parfait gentleman du parc avec une communication limpide dont les codes liés à la dominance.

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A quoi ressemble la dominance chez le chien ?

Les meilleurs élèves dans l’expression comportementale de la dominance canine sont les chiens dits primitifs. Des individus avec un sevrage fait en temps et en heure et une socialisation de qualité proposent une magnifique palette d’attitudes qui illustrent très bien la dominance au travers de vocalises, de postures et d'expressions faciales. Dans la gamme des postures nous pouvons observer :

  • Le torse sorti ;
  • La tête haute / le regard qui toise ;
  • Le cou qui s’installe au-dessus de l’autre ;
  • La queue portée en hauteur ;
  • Le gonflement du poil pour paraître plus imposant. Ça peut se localiser sur une crête dorsale, l’encolure ou tout le pelage selon le chien et la race ;
  • Le recouvrement de l’autre en position sur le dos.

Ce ne sont que quelques exemples très parlants. Les chiens communiquent de façon très subtile entre eux. Bien souvent, la dominance ne nécessite pas un grognement ou un contact pour s’installer. Des bruits sourds, menaçants, dont les émissions sont associées à une action. Par exemple, le classique grognement pour maintenir l’autre chien au sol, à deux centimètres de sa gueule. Les expressions faciales sont multiples. Elles ne se limitent pas qu’à l’apparition d’un parfait dentier étincelant. Avant d’en arriver là il y aura sûrement eu des échanges de regards appuyés pour faire détourner celui du chien “soumis”. Ou encore des faciès fermés, des frémissements du museau ou des babines.

En conclusion

Avoir un chien dominant n’est pas une tare. Ce qui est important, c’est que le chien en question soit bien dans ses pattes et armé de tous les codes canins possibles pour bien se faire comprendre. La violence, que l’on craint tous, vient en grande majorité d’une mauvaise communication de la part du chien ou de son propriétaire qui est venu la brouiller.

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